Témoignages

Laurence

En 2016, ma tante décède à 62 ans de l’évolution d’un cancer du pancréas alors qu’elle était en rémission complète d’un cancer du colon opéré à 43 ans et d’un cancer du sein opéré à 55 ans.

A son décès, au vu des antécédents familiaux, l’équipe médicale décèle qu’elle était porteuse de la mutation génétique BRCA1. Mon père et ma cousine consultent pour déterminer s’ils sont porteurs. Mon père est positif. Mes deux sœurs et moi passons les tests. Je suis positive.. J’ai alors 42 ans. Le généticien me conseille une ovariectomie et une surveillance mamo (IRM et bilan seno tous les 6 mois) au plus vite. Quelques mois plus tard, je suis ménopausée chirurgicalement. Je garde mon stérilet afin d’éviter une prise orale de progestérone et commence une œstrogénothérapie.

Quand les épreuves de la vie s’accumulent, les risques de cancer génèrent un surplus de stress, de l’anxiété ou de la fatigue émotionnelle qui interfèrent avec la vie professionnelle.

C’est comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.. une menace constante qui plane, même lorsque tout semble aller bien.

Aussi, après quelques années de suivi régulier et de longues réflexions avec une psychologue, j’ai choisi la double mastectomie prophylactique avec reconstruction immédiate. Certaines personnes m’ont dissuadé estimant qu’il s’agissait d’une mutilation et une atteinte à ma féminité.. J’ai pris mon courage à deux mains et ai décidé de confirmer mon choix.

A la biopsie, un carcinome in situ est retrouvé dans le tissu mammaire résiduel de mon sein gauche. Je me suis sentie rassurée dans ma décision.

Dans un contexte familial difficile, les opérations de reconstruction qui ont suivi (plusieurs lipofilling) ont été éprouvantes. Mon rapport au corps, à la féminité et aux transmissions intergénérationnelles étaient au travail.

A 49 ans, ma gynécologue m’a vivement recommandé de mettre fin au traitement hormonal. Un mois après l’arrêt du THS, j’ai ressenti des sensations très désagréables affectant ma vie privée et professionnelle : troubles du sommeil, anxiété, troubles de l’humeur, bouffées de chaleur,…

Aujourd’hui, à 50 ans, je me demande si la ménopause précoce n’est pas en partie responsable de la présence d’arthrose dans plusieurs de mes articulations. Elle semble avoir joué un rôle non négligeable dans le développement et l’aggravation d’arthrose plus diffuse. Son impact sur ma qualité de vie et le coût des traitements conservateurs pèsent.

Aussi, il m’arrive parfois de me demander si j’ai bien fait de choisir les ablations mais je me sens plus rassurée par la réduction des risques de cancer. Je continue à veiller à mon hygiène de vie (sport, alimentation anti-inflammatoire,…) et à être pleine de gratitude pour le suivi des médecins spécialisés dans ce domaine.

J’ai voulu devenir ambassadrice pour sensibiliser le grand public et soutenir les personnes concernées.